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La résilience managériale : un must-do & un must-have.

Publié le

28

April

2022

Olivier Croce

Olivier Croce

Founder & CEO

Publié le

28

April

2022

En 2020, “résilience” a été élu mot de l’année par Thribe Global, entreprise de solution de bien-être.

C’est aussi une des compétences professionnelles les plus recherchées.

Ok, mais ça veut dire quoi exactement être résilient ?

Définissons dans un premier temps…

La résilience vient du latin “resilire” qui signifie rebondir.

L’image est claire : l’idée de résilience c’est l’idée de prise de recul.

C’est la capacité même à gérer une émotion négative (anxiété, incompréhension, injustice, colère…) face à une situation complexe pour la transformer en arme positive.

L’objectif final étant d’anticiper et de gérer ces situations en les abordant sous un angle différent.

Cette définition plutôt simple va en fait beaucoup plus loin et s’applique à n’importe quel moment de vie.

En 1987, l’US Army War College décrit un nouveau monde face auquel la résilience serait une réponse. Il s’appelle VICA : Volatile, Incertain, Complexe, Ambigu.

Alors que cette définition s’applique à l’environnement militaire initialement, on le voit s’appliquer de plus en plus dans le fonctionnement d’une entreprise.

Devenant même incontournable à maîtriser pour travailler son leadership.

Alors la résilience passe par la résistance ?

Avant toute chose, il est important d’avoir conscience que nous devons travailler notre résilience parce-que la société nous l’impose au travers d’une multitude de contextes : discrimination, injustice, inégalité, etc.

Plus nous réussissons à développer cette résilience, plus nous devenons apte à gérer des situations problématiques, voire des crises.

D’après la définition psychologique du terme, la résilience est la capacité à surmonter les chocs traumatiques. Soit une forme de résistance aux chocs qui se travaille par l’expérience sans que cela ne doive être un effort.

D’où l’importance de ne pas confondre résilience et résistance !

Surtout en entreprise quand on doit faire face à beaucoup de désaccords.

Tanmoy Gosmawi, journaliste spécialisé en santé mentale a notamment fait un sondage auprès de ses abonnés Twitter pour savoir comment ils réagiraient si on leur proposait une formation sur la résilience.

Beaucoup d’entre eux ont remonté un “ras le bol” de ce terme. Mettant en avant, selon eux, les efforts fournis continuellement par les salariés pour accepter des situations managériales avec lesquelles ils ne sont pas d’accord.

Des réactions qui prouvent que la résilience n’est pas encore comprise et admise en entreprise.

D’où l’importance de travailler sa propre résilience avant de la demander aux autres !

Il y a un lien fort entre résilience et traumatisme.

D’après une étude de Marie-Josée Bernard et Saulo Dubard Barbosa, deux professeurs de l’EM Lyon, la théorie du traumatisme est un élément déclencheur de la résilience.

On peut vivre un traumatisme lié à une origine unique ou à des origines multifactorielles. Dans les deux cas, cela déclenche un cadre de vie non propice au développement personnel. Alors quand la prise de conscience se fait, le besoin de déconstruire pour reconstruire arrive vite.

C’est à ce moment que la résilience naît et nous permet de rebondir, prendre du recul et avancer.

Selon Kathryn McEwen, auteure de Building Resilience At Work, la résilience professionnelle est liée au comportement individuel que l’on adopte face à une situation collective.

Elle définit même plus précisément, c’est “être capable de gérer son stress au quotidien tout en restant sain de corps et d’esprit, de rebondir après un revers et d’en tirer des leçons, se préparer à faire face aux défis de manière proactive.”

Devenir un manager résilient, c’est donc avant tout être capable de l’être soi-même.

La capacité à gérer des problématiques humaines sans faire de rapprochement avec sa propre histoire et ses propres traumatismes est la pierre angulaire de ce savoir.

En d’autres termes, c’est se mettre dans une posture d’intelligence collective (être à l’écoute d’autrui et prendre les avis de tous) et émotionnelle (ne pas prendre personnellement les remarques de chacun).

Et concrètement, comment on la travaille ?

L’Institut Du Comportement présidé par Georges Goldman a défini 7 piliers qui constituent l’état de résilience :

  1. Vivre ses valeurs = développer ses forces et garder un niveau de conscience sain ainsi qu’un contrôle de ses émotions.
  2. Trouver sa voie = travailler dans un écosystème qui respecte ses propres valeurs, soit renforcer le sentiment d’appartenance à un groupe.
  3. Rester optimiste = maintenir un bon niveau de flexibilité pour développer sa compétence de “problem-solver” et ainsi, mieux gérer les aléas du quotidien.
  4. Dominer son stress = respecter un cadre vie pro / vie perso afin d’apporter plus de moments de détente et baisser considérablement les situations stressantes au travail.
  5. Interagir et coopérer = travailler le lien social pour recevoir de l’aide, soit développer une dimension relationnelle forte pour impacter la dimension sociale et ne pas ressentir de solitude.
  6. Être en bonne santé = c’est simple mais tellement important !
  7. Développer des réseaux de soutien = plus on se sent entourés, plus on est capable de faire face à la peur car on ne se sent plus seul.

Cette liste ne fait évidemment pas l’ordre d’une to do mais plus d’une analyse personnelle ayant pour but de nous aider dans notre écosystème actuel.

Il est alors bon de rappeler que la résilience reste avant tout un état. Ce qui veut dire que c’est grâce à un travail de fond que l’on peut la développer.

Vous l’aurez compris, travailler sa résilience professionnelle passe par sa résilience personnelle et s’accompagne quotidiennement par la transparence des échanges avec ses équipes pour favoriser un cadre de sécurité où “avancer”, reste finalement le maître-mot.